« Holy days » de Narimane Mari

Film, vidéo - Projection/Diffusion audio

10 octobre 2019

Jeudi 10 octobre à 20 h au cinéma 2 du Centre Pompidou

Le film réalisé par Narimane Mari intitulé "Holy days" sera projeté dans le cadre des séances avant-première Hors Pistes du Centre Pompidou.

Narimane Mari est la lauréate du prix du Cnap de la 30ème édition du FIDMarseille pour ce film.

Le prix du Cnap, créé en 2015 en partenariat avec le FIDMarseille, est attribué à un réalisateur français ou étranger. Ce prix est décerné à une œuvre au sein de la sélection officielle du FIDMarseille, et vise à récompenser la dimension expérimentale de sa conception, sa réflexivité et ses capacités à questionner le monde et sa représentation.

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SYNOPSIS HOLI DAYS, PRIX CNAP 2019

Après le gazouillis des nuées d’enfants de Loubia Hamra (FID2013), après le polyglottisme (sans omettre une langue inversée) des diverses troupes qui agitent Le Fort des Fous (FIDLab 2014), voilà que Narimane Mari nous installe dans le mutisme du cinéma primitif. Quasi silence en réalité puisque l’unique protagoniste masculin s’émeut au terme de sa propre mélopée, puisqu’un âne ne se prive pas de braire, et qu’une musique originale tricote allégrement avec les séquences. Néanmoins, et le titre pointe sans équivoque vers cette époque d’un âge d’or, la rareté des personnages (deux femmes, un homme), la grande sobriété de leur jeu, la plus grande sobriété encore du récit, nous voilà clairement dans un cinéma qui se revendique de celui des origines, celui d’un temps où les visages et les gestes ramassaient tout l’entendement possible, et toutes les émotions. « Un homme creuse sa tombe et, comme pour le retenir, frémissent les éléments et les êtres. » Tel est le synopsis – sobre toujours – livré par Narimane Mari. On mesure qu’il s’agit d’inscrire à même l’image rien moins que l’arc complet des existences : de l’issue fatale aux bougés des naissances, l’une entremêlée aux autres et, on peut le dire sans rien gâcher, l’ensemble clairement noué par le désir ou l’amour. Magie de la simplicité, foi évidente dans la puissance d’un cinéma sans moyens : comme chez Giotto, nous voilà tous, spectateurs inclus, sauvés. 


Extrait du catalogue FidMarseille 2019, texte de Jean-Pierre REHM.

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Dernière mise à jour le 11 oct. 2019