« Mon nom est Personne » par Alexandre Périgot

« Mon nom est Personne » présente la recherche de l'artiste Alexandre Périgot sur l'anonymat dans l'art et son corollaire : le principe de notoriété.

Au Cneai, l'installation de l'artiste se compose d'un film tourné sur les lieux de l'exposition et de huit cents œuvres, anonymes, ni signées, ni attribuées du XVIe siècle au XXIe siècle. Ce corpus couvrant la peinture, la photographie, le dessin, la musique (partitions), l'architecture et l'artisanat est issu de cinq collections nationales ; celles du Centres national des arts plastiques, du MUCEM, du musée d'Arts de Nantes, du musée des Beaux-Arts de Rennes et du Musée Rodin à Paris.
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UN MUSÉE DES ANONYMES
L'idée d'une collection réunissant des anonymes est née, en 2017, d'une invitation de Voyage à Nantes, à Alexandre Périgot, d'exposer des œuvres du musée des Arts de Nantes et de la découverte des 154 œuvres anonymes. Constatant que la plupart des musées ont une part significative d'inconnues dans leurs collections, des œuvres souvent majeures que les conservateurs hésitent souvent à exposer, Alexandre Périgot décide de constituer une encyclopédie, un atlas, un musée des anonymes. Ce fonds devient alors une scène pour des invitations à des chercheurs, des musiciens et des danseurs, invités à interpréter ces œuvres, sans connaître leurs auteurs.
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L'EXPOSITION AU CNEAI : « MON NOM EST PERSONNE »
L'exposition au Cneai questionne le statut de ces œuvres-énigmes. L'artiste impose au regardeur un travail réflexif, inversant sa condition pour objectiver son regard. L'œuvre est mise à nue et l'autorité est rendue au spectateur ; vacillant entre culture et ignorance, perception et intuition, il est désormais seul juge de son expérience artistique.

Le titre de l'exposition fait référence à la désormais célèbre ruse d'Ulysse dans l'un des épisodes de l'Odyssée d'Homère. Poussé par la curiosité, il entra avec ses douze compagnons dans une grotte contenant des objets gigantesques. Certains d'entre eux furent alors capturés par le cyclope Polyphème, qui commença à les manger deux par deux.  Pour l'amadouer, Ulysse lui donna du vin, et celui-ci, dans l'ivresse, lui demanda son nom. « Mon nom est Personne », répondit-il. Une fois le monstre endormi, Ulysse et ses compagnons lui enfoncèrent un piquet dans l'œil. Les cris de Polyphème réveillèrent les autres Cyclopes, qui lui demandèrent qui l'avait aveuglé. Il répondit le nom qu'Ulysse avait donné : « Personne ».

Les œuvres réunies au Cneai sont qualifiées d’« anonymes » pour différentes raisons ;  l'exposition rassemble ainsi toutes les allusions inhérentes à l'anonymat. Soit elles ne sont pas signées, soit de manière illisible, soit elles relèvent d’une stratégie assumée de l'artiste d'avancer masqué. La complexité des motifs qui conduisent à l'anonymat autorise à se raconter non pas une histoire, mais plusieurs. Les œuvres sont disposés au sol, formant un chemin d'exposition, à la manière du vendeur de posters dans le métro, mais aussi du vendeur de gravures au XVIIIe siècle que l'on appelait « étaleur ».
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PROGRAMME HABITER L'EXPOSITION
Le programme « Habiter l'exposition : Mon nom est Personne » accompagne le travail de Alexandre Périgot et réunit artistes et chercheurs pour une séries de rencontres, séminaires et conférences dans la grande salle des Magasins généraux.
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COMMISSARIAT
: Sylvie Boulanger

 

Dernière mise à jour le 23 avr. 2018