« À propos de Nice : 1947-1977 »

Le Cnap est partenaire de l’exposition « À propos de Nice : 1947-1977 » au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice (MAMAC) qui propose une traversée spéculative du phénomène d’émulation qui s’est manifesté à Nice sur près de trois décennies, à partir de 1947 - date de naissance symbolique de « l’École de Nice ». Au-delà des récits chronologiques, l’exposition déploie une constellation de gestes et pratiques apparus sur ce territoire et met en lumière des lieux ou événements phares qui ont jalonné cette aventure artistique.

UNE NOUVELLE APPROCHE DE LA COLLECTION DU CENTRE NATIONAL DES ARTS PLASTIQUES
Géraldine Gourbe et Florence Ostende, invitées en tant que commissaires associées, s’appuient sur la recherche menée dans le cadre de la bourse curatoriale du Cnap en 2015 afin d’envisager l’aventure niçoise à travers ce prisme. 

Ce projet est l’occasion d’une nouvelle lecture du Fonds national d’art contemporain sur son versant historique, peu médiatisé aujourd’hui, avec la présentation d’une quinzaine d’œuvres majeures de sa collection : de Serge III, Albert Chubac, Serge Maccaferri, Max Charvolen, Martin Miguel, Paul-Arman Gette, André Valensi à César. Des dépôts d’œuvres d’Arman et de Robert Malaval, consentis il y a plusieurs années au MAMAC, figureront dans le parcours.

LA RECHERCHE « FRANCE 1947-2001 : LES ARTS DE FAIRE »
La recherche menée par Géradline Gourbe et Florence Ostende dans le cadre de la bourse de recherche curatoriale posait la question suivante : et si nous découvrions que le futur de Mai 68 avait commencé en 1947 ? La culture française d’après-guerre traverse une crise épistémologique sans précédent. La notion fondatrice d’humanisme et les valeurs attenantes ont été sérieusement ébranlées. L’entité « identité française », réduite et essentialisée pendant la Seconde Guerre mondiale, devient inévitablement l’enjeu d’une déconstruction. 1947 apparaît dès lors comme une année pivot. Dès 1947, la vie quotidienne devient l’objet d’une recherche à la fois philosophique, grâce à la publication de Critique de la vie quotidienne d’Henri Lefebvre, littéraire, grâce aux auteurs Simone de Beauvoir et Georges Perec, et technologique, comme le montre le film Mon oncle de Jacques Tati. Les imaginaires d’un lendemain en puissance ne peuvent être conçus qu’à partir d’un présent observé, analysé et commenté par les sciences sociales alors en plein essor. 

L’EXPOSITION
"À Nice, un jour de l’été 1947, trois jeunes hommes se font la promesse d’un partage du monde : Yves Klein, maître de l’IKB en devenir s’approprie l’infini bleu du ciel ; le poète Claude Pascal s’empare de l’air et reviennent à Arman, futur maestro de l’appropriation d’objets, la terre et ses richesses. De ce pacte mythique et désinvolte, naît une constellation de fulgurances, de gestes et de rencontres qui déferlera sur la Côte d’Azur jusqu’à bouleverser l’histoire de l’art. À Paris, en 1977, le Centre Pompidou célèbre cette aventure avec l’exposition « À propos de Nice » retraçant l’émulation artistique de 1956 à 1976 sous l’orchestration du grand agitateur et un des instigateurs de cette épopée : Ben.

En 2017, le MAMAC revient sur ce phénomène de cristallisation engendré par des personnalités charismatiques qui ont tracé une « diagonale du fou » entre Nice et les grandes capitales artistiques internationales. C’est ainsi, dans cette révolution de gestes inventés, dans cette insurrection de la pensée et de la forme orchestrée par les artistes, cette insolence des attitudes, leur fascination pour les mythologies, que se dessine le parcours proposé. Au-delà des récits, par dates, mouvements ou personnalités, l’exposition se construit sur 2 400 m² autour d’une constellation de pratiques connectant ces acteurs par autant d’approches transversales. L’exposition met également en lumière des lieux emblématiques ou des événements phares qui ont jalonné cette aventure artistique.

L’articulation entre ces gestes, ces possibles spécificités niçoises et le contexte géographique, balnéaire et culturel niçois sera également examinée, prolongeant l’intuition de Jean-Jacques Lévêque en 1967 : « Notre réalité a ses beautés spécifiques : les machines à sous, les jukeboxes, les autoroutes (avec ces longues et sinueuses sculptures que sont les échangeurs), les couleurs joyeuses des matières plastiques, les néons, les nickelages étincelants des voitures, que sais-je ? L’École de Nice tend à définir le merveilleux moderne. » (extrait du dossier de presse)

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Commissaire : Hélène Guenin, avec le concours de Rébecca François
Commissaires associées : Géraldine Gourbe et Florence Ostende
Nombre d’œuvres : près de 400 œuvres et documents

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Dans le cadre de l’événement « Nice 2017. École(S) de Nice » organisé par la Ville de Nice, sous le commissariat général de Jean-Jacques Aillagon et des célébrations du 40e anniversaire du Centre Pompidou.

Dernière mise à jour le 06 sept. 2017