En toute modestie - Archipel Di Rosa

Arts plastiques - Exposition

04 février • 17 septembre 2017

 

Hervé Di Rosa m’a confié l’espace du MIAM (Musée International des Arts Modestes) pour y

déployer ce qu’il nommait au départ son « musée imaginaire ». Une appellation trop pompeuse

et trop arrogante à ses yeux. Un concept fermé, peu en phase avec son bouillonnement, qui m’a

peu à peu amenée vers l’écriture d’une exposition-portrait : ouverte, plurielle et engagée. Le projet

s’est alors construit en établissant des frottements et des magnétismes qui résultent de la conjugaison

non seulement des oeuvres des artistes qui l’ont influencé et l’influencent encore aujourd’hui,

mais aussi de celles et ceux avec qui il a collaboré en France et à travers le monde. J’ai

souhaité y ajouter les oeuvres d’artistes qui, selon moi, poursuivent, imaginent et renouvellent l’art

modeste. Qu’est-ce que l’art modeste ? Un courant d’images, d’objets, de formes et de pensées

initié par Hervé Di Rosa à la fin des années 1980. « Le terme d’art modeste a été créé pour nommer

ce qui est oublié, marginal (commercial ou sauvage), occulté, périphérique de la création. Ces

objets et ces pratiques forment un territoire sans centre, aux frontières élastiques. On peut étendre

le terme d’art modeste au théâtre (marionnette, burlesque), au cinéma (amateur, underground,

pornographique), à la littérature (romans de gare, de science-fiction), à chacun d’inventer son art

modeste.»1 Il affirme également qu’il « n’y a pas d’artistes de l’art modeste, il n’y a que des collectionneurs.

L’art modeste rassemble les sensibilités de gens très différents (artistes contemporains,

artistes amateurs, artisans...). »2 Il s’agit alors d’explorer un territoire sans frontière qui s’étend de

l’art contemporain jusqu’aux figurines publicitaires, en passant par l’art brut, l’art sacré, l’artisanat,

la musique punk et toutes les pratiques issues de l’underground et des contre-cultures. Un

territoire qui a perdu son centre et qui réunit ses marges pour en finir avec l’exclusion, l’oubli ou

l’indifférence engendrés par un récit unilatéral de l’histoire de l’art. En tant qu’historienne de l’art,

critique d’art et commissaire d’exposition, il s’agissait alors pour moi de non seulement surprendre

Hervé Di Rosa, insatiable curieux et découvreur, mais aussi de m’immiscer dans son projet de

mise en lumière et de déploiement du vaste courant que constitue l’art modeste.

Julie Crenn


Horaires: 
-du 1er octobre au 31 mars : du mardi au dimanche de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00. - du 1er avril au 30 septembre : tous les jours de 9h30 à 19h00 Fermetures annuelles : 1er mai, 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier
Heures de vernissage: 
18h30
Musée international des arts modestes, Miam
23 quai du Maréchal de Lattre de Tassigny
Sète 34200
France
Dernière mise à jour le 10 mars 2017