Escape

Exposition

26 janvier • 24 mars 2018

L’exposition qui ouvre l’année 2018 est le fruit de la quatrième collaboration entre le Frac Occitanie Montpellier et le Rectorat de l’académie. Conçue conjointement par Emmanuel Latreille et les IPR de Lettres et d’Arts Plastiques, assistés par la professeure missionnée au service éducatif, Escape proposera un ensemble d’œuvres réunies autour de la question de la représentation de l’autre et du lieu dans lequel il évolue. Le titre, Escape, préfigure une focalisation sur la quête d’un ailleurs, par le sujet, le spectateur ou par l’artiste lui-même.
Une sélection opérée parmi les dernières acquisitions du FRAC OM constitue la colonne vertébrale de l’exposition. Hecho en México et De l’autre côté (Agnès Fornells), Les livres noirs (Nicolas Daubanes), La Baule, ciel d’orage (Valérie Mréjen) et Territoires circonscrits (Thibault Brunet) livrent chacun un aspect de l’échappée belle qu’est la création artistique contemporaine, quand elle explore les limites de la représentation. Chacune aura été mise en regard d’une ou plusieurs œuvres de la collection, pour enrichir les questions communes qu’elles font émerger.
Ainsi, Agnès Fornells livre une série de photographies et de textes réalisés lors d’un de ses voyages à Mexico. La démarche de l’artiste, qui porte un œil étranger sur une ville où elle est de passage, pose la question de l’artiste voyageur. Que va-t-elle chercher au-delà des territoires qui lui sont familiers ? Il est question d’un regard neuf, regard qui capte le réel comme celui d’un enfant dans les reflets des flaques d’eau, ou qui collecte des phrases glanées ici et là pour en faire des poèmes. Au fond, le voyage permet peut-être alors d’avancer dans une quête ultime, celle de la liberté. Comme Benoît Broisat qui, avec sa série des Témoins, fait la part belle à l’aventure que constitue la redécouverte d’un simple parasol orange dans les quartiers peu visités de Phnom Penh.
Nicolas Daubanes choisit de monter l’immontrable, l’interdit. Avec ses livres noirs, il fait sortir de la prison d’Ensisheim les images captées par des prisonniers sur les dix circuits qui font leur quotidien. Impossible pour eux de sortir, de s’évader physiquement, mais le lien tissé avec l’artiste leur fournit une sorte d’échappatoire mental et leurs images, bien que censurées par des masquages noirs omniprésents, vivent aujourd’hui la vie autonome propre aux œuvres d’art et suggèrent une évasion symbolique du lieu de détention. Danza de mujer, vidéo en plan fixe d’Anna Malagrida, résonne avec ces livres interdits. Le voile noir suspendu à la fenêtre d’un abri précaire de Jordanie joue avec le vent et obture le passage de la lumière. On s’imagine dans les pensées d’une femme portant le hijab, tenaillée entre la tradition et l’ouverture sur le monde.
La Baule, ciel d’orage de Valérie Mréjen nous fait également pénétrer dans l’intimité d’une femme. La narratrice de la vidéo nous lit des lettres destinées à un amour qui l’a laissée partir seule en vacances. Toujours optimiste, cherchant à croire que l’absence de l’être aimé est supportable, la voix est pourtant d’une mélancolie glaçante, et les lettres restent sans réponse, obligeant le personnage à un monologue de plus en plus gênant. Le diaporama, constitué de cartes postales aux couleurs jaunies, vides de toute présence humaine, appuie ce sentiment d’une échappée belle ratée, d’un départ pour être plus mal, plus seule, un départ qui ne change rien à une vie de couple perdue d’avance. Dans Escape, la tonalité du film de Mréjen résonne avec la série de Fiorenza Menini, Hôtel Saint James (NY), Transformation VIII (d’après Kafka), déposée au Frac Occitanie Montpellier par l’artiste. Dans une impersonnelle chambre d’hôtel, une femme se cache sous des meubles, devient meuble elle-même. Que fuit-elle ? Que croit-elle devenir ?
Cette sélection est complétée notamment par une vidéo de The Atlas Group, qui a pu récupérer les images d’un opérateur de caméra de surveillance de Beyrouth. Celui-ci a pendant des mois focalisé sa caméra sur le coucher du soleil, au lieu de filmer les passants sur le bord de mer. Une façon, comme le fait l’art, d’échapper au quotidien, en donnant une certaine vision du réel ou en créant un espace où la fiction peut s’épanouir et nous transporter. De cette façon, les fascinants Territoires circonscrits de Thibault Brunet, ni totalement réels, ni totalement inventés, permettent à leur tour au spectateur de s’évader par la simple contemplation d’une image magnétique d’une fascinante étrangeté. 

Julie Six
Co-commissaire de l’exposition
Professeure missionnée au Frac Occitanie Montpellier

Horaires: 
Galerie ouverte du mardi au samedi de 14h à 18h - Fermée les jours fériés
Heures de vernissage: 
jeudi 25 janvier, à partir de 18h30
Tarifs: 
Entrée libre
Moyens d'accès: 
Tramway Ligne 3 : station Plan Cabanes, Bus 11 : arrêt Gambetta, Parking à proximité : Parking Gambetta, Parking des Arceaux.
Frac Occitanie Montpellier
4-6 rue Rambaud BP 11032
Montpellier 34006
France
Dernière mise à jour le 29 janv. 2018