Exposition "Jeunes-Générations" au Festival Photo Phnom Penh 2017 (Cambodge)

À l’automne, la commande photographique "Jeunes-Générations" est présentée à l'Institut Français (Phnom Penh) dans le cadre du Festival Photo Phnom Penh. Elle regroupe une sélection parmi les œuvres de quinze photographes, évoluant dans le champ de l’image fixe documentaire : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Les photographies réalisées constituent un exceptionnel corpus documentaire, représentatif à la fois de la diversité des territoires et de la vitalité de la création contemporaine. Elle met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.
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PABLO BAQUEDANO, NIGHTCLUBS
Que font les jeunes quand leurs campagnes s’endorment ? Ils font comme leurs compatriotes des villes, ils sortent en boîte, ils se retrouvent à la Chaumière, à la Cabane Bambou, ou au Big Ben. Toutes ces discothèques un peu désuètes survivent pour leur donner un lieu où se réunir et passer la soirée entre potes, histoire de faire un peu de bruit au sein de territoires parfois un peu assoupis. Je voudrais rencontrer ces jeunes pour voir comment ils font vivre leurs nuits une fois le week-end venu.

MARIE-NOËLLE BOUTIN, TERRITOIRES DE JEUNESSE
« Territoires de jeunesse » consiste à réaliser des portraits d’adolescents dans l’espace public et dans des contextes géographiques différents. Comment un territoire devient-il signifiant pour un adolescent ? Qu’est-ce que cela dit de lui et de la société dans laquelle il vit ? Je m’intéresserai plus particulièrement aux jeunes des territoires ruraux et semi-ruraux du nord de la France.

GILLES COULON, EXTIME OU L’INTIMITÉ EXPOSÉE
Aujourd’hui, en France, environ 90 % des 18-24 ans sont inscrits sur au moins un réseau social. L’utilisation de ces réseaux est devenue une pratique commune à la jeunesse. Un usage partagé qui échappe à toutes les catégorisations usuelles (milieu social, culturel, localisation géographique, croyance religieuse, origine). Avec l’accord de sept à dix jeunes (garçons/filles) de 18 à 24 ans qui acceptent de mettre à ma disposition le contenu de leur Smartphone (Facebook, Instagram, etc.), il s’agira de réaliser sept portraits grands formats. De loin se dessinera un premier portrait du jeune que j’aurai photographié puis, de près, on s’apercevra que chaque portrait est nourri de milliers d’images, mille moments de vie, d’intimité partagée sur les réseaux sociaux.

CHIMÈNE DENNEULIN
Je souhaite proposer un ensemble de montages réunissant des portraits et des éléments extraits du territoire français (objets architecturaux mais aussi des objets usuels ou banals), qui tente de remettre les deux termes du thème de la commande en perspective. Le spectateur se retrouvera devant une énigme qui l’amènera, comme moi-même, à se demander ce qu’est « la jeunesse » d’une part et « en France » d’autre part, aujourd’hui. Il m’intéresse de mettre en présence des géographies et des récits éloignés afin de provoquer des rapprochements inattendus.

CLAUDINE DOURY, LES VISAGES NOUVEAUX DU THÉÂTRE
Dans le cadre de ce projet, je vais m’intéresser aux jeunes acteurs de théâtre en devenir dont le processus artistique n’a pas toujours été une évidence puisque issus de milieux socio-culturels dit « défavorisés ». C’est avec la découverte des ateliers « Ier Acte » qu’est née cette volonté. Cette formation, créée en 2014, entend promouvoir une plus grande diversité dans le recrutement des écoles de formation d’acteurs, et a posteriori sur les plateaux de théâtres. Je réaliserai une série présentant ma vision de ces acteurs modernes, représentatifs de la population française d’aujourd’hui, et s’emparant de savoir-faire et de traditions séculaires.

GABRIELLE DUPLANTIER, QUE DEVIENNENT LES ENFANTS D’ICI ?
« Les enfants d’ici » est une série de photographies réalisée entre 2005 et 2012 dans une école primaire classée ZEP, dans laquelle j’animais un atelier photo argentique. Mes petits élèves, alors âgés d’une dizaine d’années ont aujourd’hui entre 14 et 23 ans. Que sont-ils devenus ? J’adorerais savoir et je peux le savoir, et en rendre un témoignage en image. Je ne sais pas qui je retrouverais, il n’y a que des questions. Outre la transformation physique qui m’intéresse beaucoup en photo, les traits du visage et les corps qui changent, la mutation du statut social de l’enfant à celui de jeune adulte s’est-elle déroulée de manière positive?

GUILLAUME HERBAUT, GEEKS2 DES SUPERS HÉROS EN PICARDIE
Picardie. Une web série tournée par des jeunes se bat contre les clichés. À Tergnier, touchée de plein fouet par la crise, une association les GEEKS2 lutte contre l’exclusion et le décrochage scolaire en s’appuyant sur le tournage d’une web série déjantée. Ils sont les héritiers de l’esprit ouvrier et cheminot basé sur la solidarité. Ils font le lien entre une époque industrielle révolue et l’ère des nouveaux médias, entre la culture des fêtes populaires et la culture mangas.

YOHANNE LAMOULÈRE, DES HISTOIRES D’AMOUR À MARSEILLE - LE MYTHE DE GYPTIS ET PROTIS
Mon projet, « Des histoires d’amour à Marseille - le mythe de Gyptis et Protis », émane de ma pratique de photographe documentaire et se développe dans un environnement qui m’est proche : les quartiers nord de Marseille. Ce projet me permet de parler des enjeux de la relation amoureuse – il découle des interrogations qui polarisent mon travail : jeunesse, identité, transformations urbaines, document, récit. Je tenterai de retranscrire mon rapport à l’autre tout en proposant une représentation naturaliste du monde. L’enjeu se situe entre le réalisme de l’image, et le hors champ qu’elle suggère.

STÉPHANE LAVOUÉ, LEUR CHOIX - UNE JEUNESSE BIGOUDÈNE
Alors que tout le monde déplore que le pays bigouden (la pointe Sud Ouest du Finistère) se vide de ses jeunes, certains d'entre eux décident de rester. Par choix. Ce choix, fort, courageux et alternatif, est motivé par leur attachement viscéral à ce bout de terre, battu par les vents et les vagues. Ils refusent de rejoindre les villes, où rien ne les rattache et veulent garder le contact avec l'océan. Je souhaite dresser le portrait de cette jeunesse déterminée, de ces jeunes marins pécheurs, forgerons, charpentiers, jeunes ouvriers et ouvrières de criée, fileteuses de conserveries qui, comme moi, ont décidé de vivre ici.

GÉRALDINE MILLO, VESTALES
Ce sont en grande majorité des filles. Elles ont entre 15 et 20 ans. Elles en ont fini avec l’école générale et se sont orientées vers les filières du soin. Au lycée professionnel, elles apprennent ce que c’est qu’être aide à domicile, coiffeuse, puéricultrice, esthéticienne. Le documentaire « Vestales » les suit dans leurs apprentissages, à l’école et en stage. « Vestales » est le portrait d’une jeunesse, largement féminine, qui se met au service des autres. Ces photographies seront un nouveau volet de la série des Héritiers, consacrée aux jeunes des écoles professionnelles.

MYR MURATET, CITY WALK
Une recherche photographique sur la jeunesse d’un territoire au nord de Paris qui rencontre un bouleversement social et urbain majeur. Ce territoire visé par les travaux du Grand projet de renouvellement urbain de Paris qui avec ses 200 hectares de friches urbaines, de délaissés ferroviaires et de vastes entrepôts, ponctués de quartiers d’habitat social, constitue un des plus vaste chantier d’aménagement parisien actuel. Je veux suivre dans la mutation historique de ce territoire les jeunes confrontés à la reconfiguration de leurs quartiers que les chantiers du Grand Paris mettent en œuvre. Là où, de mémoire, le paysage dressait les vestiges d’un passé industriel d’usines désaffectées, de friches ou des logements insalubres, commencent à apparaître des îlots d’un urbanisme nouveau, des places nettes, aérées, des immeubles à codes d’accès, des squares tirés à 4 épingles. Je souhaite par cette étude développer une recherche critique et esthétique qui alimentera un travail photographique initié il y a 15 ans sur ce territoire.

ALEXANDRA POUZET ET BRUNO ALMOSNINO, ÇA ME REGARDE
« Ça me regarde » est une enquête artistique en monde rural, sur une jeunesse à qui l’on demande comment elle est vue, ce qui la regarde, là où elle regarde. Ce projet intègre au processus créatif les personnes approchées et leur délègue une partie de l’enquête, de la production photographique et de ses contenus. Entretiens individuels, remise d’appareils jetables pour des paysages quotidiens, portrait en studio avec un objet choisi, portrait dans un lieu où l’enquêté-enquêteur « aime faire le point », photographies avec installation ou interventions sur tirages interrogeant la notion de regard.

LOLA REBOUD, 180 KM APRÈS LA MER
Le réel et la rencontre sont les points de départ de mon travail photographique. En Corse, il s’agira de rencontrer puis de photographier des jeunes gens de 15 à 30 ans, amis et couples, à la lisière des villes, dans les lieux familiers de ma jeunesse comme les cafés et autres lieux de rendez-vous, au cours de partie de chasse ou encore le long des bords de mers aux points de vues et horizons dégagés. Par ailleurs, je souhaite collecter des échanges écrits, amicaux et amoureux qui pourront intégrer le projet dans sa restitution finale. Les variations climatiques et chromatiques marquées de l’île et les changements de temps rythmeront la saison, autant que les sentiments.

KLAVDIJ SLUBAN, LA JEUNESSE INVISIBLE, LES ADOLESCENTS DU CENTRE DES JEUNES DÉTENUS DE FLEURY-MEROGIS
Dans la continuité de mon cycle au long cours sur les adolescents en prison entrepris au Centre des Jeunes Détenus de Fleury-Mérogis en 1995, je poursuis régulièrement depuis plus de vingt ans ce projet à travers de nombreux pays du monde. La dynamique et l’échange photographiques avec les adolescents avec lesquels je partage ma passion de la photographie se concrétisent par la création d’ateliers photographiques dans chacune des prisons photographiées. Le cycle sera séquencé par trois types de « portraits ». Ce regard personnel porté sur une certaine jeunesse en France, mise à l’abri des regards, inexistante à notre société contemporaine, est cette « jeunesse invisible », qui pourtant existe.

PATRICE TERRAZ, REGARD KANAK
Le 3 août 2016, entre deux et trois mille personnes défilaient dans les rues de Nouméa pour dénoncer l’accès insuffisant des jeunes Kanaks à l’emploi et aux postes à responsabilités. Cette manifestation est révélatrice de la période cruciale que traverse actuellement la Nouvelle-Calédonie qui devra se prononcer en 2018 pour le maintien dans la République ou l’indépendance. Inégalités scolaires, chômage, il y a encore beaucoup à faire en matière de rééquilibrage. Ce contexte place le mal être de sa jeunesse au premier rang des préoccupations de la population mélanésienne. Les jeunes seront mis à contribution dans le processus de création, ce travail sera basé sur l’échange. Ils seront sollicités pour imaginer une image qui leur tient à cœur. En leur demandant de s’exprimer. Ce dialogue photographique sera restitué sous forme de diptyques.

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En octobre 2016, la commande photographique nationale « La Jeunesse en France » a été lancée par le ministère de la Culture, pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 

Dernière mise à jour le 29 nov. 2017