Formes d'histoires

Arts plastiques - Exposition

28 avril • 02 septembre 2018

Avec les artistes : 

Léa Barbazanges, Marion Baruch, Ghyslain Bertholon, Cathryn Boch, Monika Brugger, Florence Chevallier, Céline Cléron, Laetitia de Chocqueuse, Laurence De Leersnyder, Gaëlle Chotard, Geoffrey Cottenceau, Erik Dietman, Edi Dubien, Adélaïde Feriot, Anne Ferrer, Anne-Charlotte Finel, Audrey Frugier, Laureline Galliot, Gérard Gasiorowski, Marie-Ange Guilleminot, Amandine Guruceaga, Jean-François Lacalmontie, Thomas Léon, Fabien Mérelle, Javier Pérez, Lucie Picandet, Bernhard Rudiger, Julien Salaud, Vanessa Schindler, Stéphane Thidet, Ante Timmermans, Marion Verboom 

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Si l’exposition inaugurale Histoire des formes privilégiait l’approche formaliste et silencieuse de l’oeuvre d’art, Formes d’histoires est à découvrir comme un retournement qui place le récit au coeur de l’oeuvre, vers la forme d’histoire qu’elle contient dans ses coutures, ses replis, ses accidents de matière.

Figure tutélaire de cette exposition, Erik Dietman parlait ainsi de « panser les choses », comme pour les préserver d’une lecture trop directe et autoritaire, les libérer d’un réel réducteur pour leur imaginer une nouvelle renaissance, une inscription dans le merveilleux et le féérique, le mystérieux et le grotesque, la poésie et le secret.

L’oeuvre devient un corps mouvant, façonnée de l’intérieur par de multiples formes d’histoires qui sont aussi les nôtres.
En déjouant la question du goût, les étiquettes réductrices du laid et du beau, les « formes dansées » de Javier Pérez rejoignent ces glissements dietmaniens. Elles introduisent aux registres interprétatifs de la métamorphose et de la transformation, qui depuis les célèbres Métamorphoses d’Ovide font du travail de la langue, de l’imaginaire et des mythes un outil de compréhension du réel.

Chez Marion Baruch, Marie-Ange Guilleminot et Vanessa Schindler, le corps est abordé par le prisme d’un vêtement officiant comme une nouvelle peau. Ainsi, la forme se pare d’une « allure », c’est à dire de cette façon d’apparaître, de se montrer, indissociable de celle de se mouvoir, insaisissable, dans l’éventail du sens et de son activation.

La forme d’histoire dont ces objets sont « parés », travaillés, agités, façonnés s’assimile parfois à une charge (Céline Cléron, La mort du petit cheval). Ce poids de l’histoire se porte aussi parfois à dos d’homme (François Merelle), il apparaît comme un aveu de notre part d’animalité. Et lorsque cette histoire ne trouve plus où s’exprimer, elle vibre à fleur de peau (Marion Verboom) et se boursouffle dans la beauté obscène de ses intérieurs, comme libérée dans sa chair même (Anne Ferrer, Les carcasses). Chez Cathryn Boch, la surface épidermique se lamine et s’abrase, nourrie par des sucs qui émoussent la fibre et la libère. De cette charge, le récit s’empare également en faisant migrer le sujet vers des identités d’emprunt. Dans Le révolutionnaire Blagoy Füssad Moz, Erik Dietman assemble sur un banc d’école – là où l’esprit encore malléable s’éduque et se dompte, s’échappe et vagabonde par ennui – les figures de Blake, Goya, Fusslï, Sade et Mozart. Ailleurs, le corps s’étale comme une dépouille, il se fait toile et la toile se fait corps (Amandine Guruceaga, Jean-François Lacalmontie).

L’exposition pourrait ainsi se lire comme un tableau de chasse, dans le sens métaphorique que lui donnait Jean Renoir avec La Règle du jeu ; la poursuite et la quête de ce qui apparaît subrepticement de réel dans un monde en représentation constante. Lieu de transformation de la matière vivante, les tanneries s’explorent également symboliquement sous l’angle de cette réécriture sensible de l’existant.

Horaires: 
Ouvert du mercredi au dimanche, de 14h30 à 18h
Heures de vernissage: 
A partir de 17h, jusqu'à 20h
Tarifs: 
Entrée libre
Moyens d'accès: 
Par le train Ligne nationale Paris-Nevers au départ de la gare de Paris Bercy 1h de trajet Ligne TER Paris-Montargis au départ de la gare de Lyon 1h40 de trajet En bus depuis Montargis
 De la gare de Montargis, rejoindre la place Mirabeau (10 min à pied ou bus 1) et prendre le bus 3 en direction d’Amilly Centre.
 Descendre à l’arrêt Libération (à côté de la mairie). Depuis le centre bourg d'Amilly, 10 minutes à pied jusqu’au 234 rue des Ponts Par la route Depuis Paris, A6 direction Lyon puis A77 Montargis, sortie D943 Amilly Centre
Partenaires: 
Le projet des Tanneries est porté par la Ville d’Amilly. Il reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Centre-Val de Loire, du Conseil Régional Centre-Val de Loire, du Conseil Départemental du Loiret, de l’Agglomération Montargoise Et Rives du Loing. Sa création a été cofinancée par le Feder et le CPER, ainsi que par la Fondation Total dans le cadre de son partenariat avec la Fondation du Patrimoine. Cette opération est cofinancée par l’Union Européenne. L’Europe s’engage en Région Centre-Val de Loire avec le Fonds européen de développement régional.
Les tanneries
234 rue des Ponts
Amilly 45200
France
Dernière mise à jour le 03 avr. 2018