Landscape of Beings

Arts plastiques

12 octobre 2019 • 19 janvier 2020

En superposant plusieurs de ses œuvres dans Landscape of beings, Kimsooja joue avec les modalités de l’uniformisation du monde de l’art aux conditions de la modernité occidentale, suivant une œuvre mise en place dès le début des années 80 et redimensionnée à l’échelle du Confort Moderne. Comme un électron qui peut être à la fois une onde et un corpuscule, les œuvres To Breathe (2019), Encounter - A Mirror Woman (2017), Needle Woman in Paris (2009) et Mandala - Zone of Zero (2003), peuvent être observées isolément de la même façon que chacune d’entre elles par leur présence conjointe, créé dans la logique interne de l’œuvre de Kimsooja, une représentation inédite de chacune d’elles. 

Si l’analogie entre une formule scientifique et l’œuvre de Kimsooja créé un grand écart avec la bibliographie officielle de cette artiste new-yorkaise d’origine coréenne, c’est parce qu’elle fixe l’origine de son travail dans un champ lexical particulièrement consacré aux « artistes féminines ». Sans pour autant incarner ou rejouer un rôle circonscrit aux femmes, Kimsooja - qui se surnomme elle-même « Needle Woman », « la femme aiguille » (titre emprunté à l’une de ses installations) -, incarne davantage, en s’assimilant à l’aiguille, l’artiste qui unifie et relit différents morceaux de territoires, plutôt qu’une déclinaison contemporaine du mythe de Penelope.

Pour le Confort Moderne, Kimsooja tire les conséquences d’une œuvre paradoxale - à la fois héritière du local et tenant du global -, définissant avec un esprit universel les bases de la globalisation des cultures et des échanges dans lequel l’art et l’exposition vont de pair avec un renforcement des cultures vernaculaires et locales. A l’instar des petits pavillons de la cité internationale rue Jourdan et au contraire d’un « there is no place like home », « il n’y a pas d’endroit comme la maison », qui anticipait dès les années 30 avec le magicien d’oz la société-monde à venir, Kimsooja participe en déclinant son travail sur les différents continents, à la création d’un monde commun.

C’est peut-être pour mettre en jeu un manque global, que Kimsooja conjugue avec plusieurs de ses travaux les singularités de l’orient aux standards internationaux et occidentaux de l’art contemporain, comme une manière d’exprimer simultanément, suivant différentes combinaisons, ce manque sous ses aspects les plus complémentaires. Plutôt qu’elles ne s’annulent réciproquement dans un réseau confus, leur mise en dialogue donne au contraire une importance à chacune d’entre elles ; la question ne concerne alors plus ce qui rend ces œuvres et leurs publics si spécifiques, mais plutôt ce qu’ils partagent. 

Avec Landscape of beings, chacune des œuvres associées selon différentes chronologies déjoue l’autorité du temps et la permanence des lieux, permettant, à l’intérieur d’une œuvre emmenant avec elle la mémoire des événements, des rencontres et des territoires traversés, de créer de nouvelles relations. Comme le partageaient déjà les artistes du passé suivant l’exemple de Rubens qui permit au XVIIe siècle de rapprocher avec son œuvre l’Angleterre et l’Espagne, Kimsooja traverse les questions diplomatiques comme elle traverse le monde, en transcendant les cultures et en imposant l’idée selon laquelle l’art est en rien une question occidentale. 

Complément d'informations: 
Exposition du lundi au vendredi de 12h à 18h, le samedi et le dimanche de 14h à 18h et les soirs d’événements. Visites commentées les mercredis et les dimanches à 15h
Horaires: 
Exposition du lundi au vendredi de 12h à 18h, le samedi et le dimanche de 14h à 18h et les soirs d’événements. Visites commentées les mercredis et les dimanches à 15h
Heures de vernissage: 
De midi à 18h Concert de Stephen Vitiello à 15h
Tarifs: 
Entrée libre
Moyens d'accès: 
Bus, voiture, piétons
Partenaires: 
Dans le cadre de Traversées/Kimsooja
Le Confort Moderne, centre d'Art Contemporain
185 rue du faubourg du Pont-Neuf
Poitiers 86000
France
Dernière mise à jour le 09 oct. 2019