Les Nymphéas d'Olivier Debré

Arts plastiques

05 mai 2018 • 06 janvier 2019

Le titre de l’exposition, dessinant un lien symbolique entre les Nymphéas de Claude Monet et les grands tableaux d’Olivier Debré, évoque en filigrane toute l’histoire de l’abstraction du XXe siècle. À travers un accrochage hors-format de six toiles monumentales créées
en 1990-1991, « Les Nymphéas d’Olivier Debré » entend moins invoquer la question de l’impressionnisme, que celle de la disparition de la figure au profit d’une expression qui serait à la fois beaucoup plus plastique et mentale.

L’idée d’une abstraction qui puiserait son inspiration dans la nature, dans le monde sensible, a toujours été controversée. C’est un paradoxe qui est pourtant souvent souligné à propos du travail de Debré, qui aimait s’immerger dans le paysage pour travailler. Si Debré est bien paysagiste, ce sont des paysages mentaux qu’il recrée à la surface de la toile. Comme les Nymphéas ont été pour Monet une déclinaison des aspects changeants de son jardin, la Loire fut pour Debré une manière d’éprouver la matière et les couleurs, et d’expérimenter de nouveaux procédés plastiques. Ses grandes toiles de Loire sont moins des représentations directes du fleuve, que des interprétations de sa fluidité, de sa liquidité, proprement plastiques. Par dessus tout, ce qui intéresse l’artiste est de saisir les étendues infinies au milieu desquelles il peint, en donnant à ses toiles une envergure telle qu’il n’est plus question ici de format, mais bien d’espace. Car au-delà d’être directement liée à la nature, la peinture de Debré entretient une relation existentielle avec l’espace.


Debré venait régulièrement en Touraine dans la maison familiale, « Les Madères », où il avait aménagé l’un de ses ateliers dès le début des années 1960. S’il peint parfois dans l’atelier, le peintre ne cesse d’en repousser les limites en préférant s’installer dehors, dans le jardin de la propriété qui surplombe la vallée de la Cisse, un affluent de la Loire. Son jardin à lui est la Touraine entière qu’il parcourt grâce à un « atelier ambulant » aménagé dans une vieille Ford jaune. Il s’installe ainsi fréquemment sur les plages des bords de Loire, allant parfois jusqu’à Amboise.
Comme l’attestent souvent des traces de gouttes de pluie encore présentes dans la matière picturale, les légères intempéries ne sont pas un problème pour Debré. Le seul frein à la créativité du peintre en Touraine est la nuit qui tombe, alors, souvent, la toile inachevée est abandonnée dans l’herbe ou sur le sable, où elle sera reprise le lendemain.


Les gouttes de pluie ou de rosée, les brins d’herbe et les graviers font ainsi partie intégrante des toiles de l’artiste, qui souhaitait les y laisser. Au contact de la grande étendue d’eau
de la Loire, les toiles des années 1960 s’éclaircissent, deviennent plus colorées et font apparaître un panel in ni de nuances. Comme l’eau, les couleurs deviennent des jus et sont désormais coulées (terme récurrent dans les titres donnés par l’artiste à ses toiles). La fluidité de la peinture devient liquidité.
Peu à peu, le format des toiles en e, s’étire de plus en plus en largeur comme pour essayer de retranscrire des morceaux plus grands de Loire.


Cette quête sans fin de spatialité trouve son point d’orgue dans ces six grandes toiles commandées en 1990, aujourd’hui rassemblées pour la première fois au ccc od. Investissant la galerie blanche, elles soulèvent des émotions inattendues. En effet, le spectateur est littéralement invité à entrer dans la matière pour faire l’expérience physique de l’œuvre de Debré. L’exposition propose ici une nouvelle manière d’appréhender le travail de l’artiste : une scénographie sur-mesure permet de mettre en scène une aventure au cœur de la couleur. Ces grands formats juxtaposés supposent ainsi une immersion totale dans un paysage pictural mental et coloré que l’on pourrait qualifier de « wall painting ». Ce rapprochement inhabituel, cette suggestion sensorielle font de cet accrochage un grand spectacle ouvert au visiteur tout au long de l’année 2018.

 ==> Programmation associée


Cycle conférences:

 

dimanche 6 mai à 15h
Présentée par Marine Rochard, chargée des expositions du CCC OD
 
jeudi 27 septembre à 18h30
Présentée par Eric de Chassey, directeur général de L’INHA ( Institut National d’Histoire de l’ART )
 
jeudi 27 septembre à 18h30
Présentée par Eric de Chassey, directeur général de L’INHA ( Institut National d’Histoire de l’ART )
 
jeudi 18 octobre à 18h30
Présentée par Daniel Abadie, historien de l’art
 
*tarif pour l’ensemble des conférences 7€, gratuit pour les membres CCC OD LEPASS


Rencontres et représentations :

 

jeudi 24 mai à 18h30
Rencontre avec Aurélie Gandit, chorégraphe en résidence au CCC OD.
Accessible aux membres CCC OD LEPASS et CCNT
sur réservation
 
jeudi 14 juin – vendredi 15 juin – samedi 16 juin à 18h30
Représentation chorégraphique par Aurélie Gandit dans le cadre du Festival Tours d’Horizon


tarif 8€
durée : 50 min


Réservation : billetterie@ccntours.com

 

Heures de vernissage: 
vendredi 4 juin 18h
Partenaires: 
Banque d'Investissement Européenne, Centre Chorégraphique National de Tours, Mission Val de Loire
CCCOD, centre de création contemporaine olivier debré
jardin françois 1er
Tours 37000
France
Dernière mise à jour le 25 Mai 2018