Amélie Derlon Cordina, lauréate du prix du Cnap - FIDMarseille 2017

Pour la troisième année consécutive et à l’occasion de la 28ème édition du FIDMarseille – festival international de Cinéma à Marseille qui s'est tenu du 11 au 18 juillet 2017, le Cnap a décidé de récompenser une œuvre inscrite au sein de sélection officielle de la Compétition française. Pour remettre ce prix, le Cnap a désigné l'artiste Mathieu Kleyebe Abonnenc.

Après concertation avec le jury de la Compétition française, Mathieu Kleyebe Abonnenc a remis le prix à SAINTS'GAME, long-métrage d'Amélie Derlon Cordina, « pour la finesse et l'intelligence avec laquelle elle s'est emparée d'un thème aussi urgent et contemporain qu'est celui de l'exil et du déracinement ».
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LE SYNOPSIS DU FILM SAINTS'GAME
En prologue, s’adressant à nous face à un tableau noir, un jeune homme explique ce qu’est un templum, ce cadre qui délimitait dans l’antiquité un espace sacré. Séquence suivante : un lieu domestique, où une jeune femme évoque par sa gestuelle la dévotion. C’est la relation entre images sacrées, les saints du titre, et ce que sont les gestes donc, qu’Amélie Derlon Cordina s’emploie ici à interroger. En explorant sa propre trajectoire et celle de quatre protagonistes également venus d’ailleurs (l’action se déroule en Belgique, la réalisatrice vient de France, ses acteurs du Daghestan, d’Islande et de Palestine), le film convoque nombre lieux de transmission et de fabrique des images et des corps, en jouant des passages de l’un à l’autre. Cela circule et articule les lieux de vie, un plateau de théâtre, des photographies, une salle de conférence, un fond vert de cinéma destiné à l’incrustation des images, mais aussi le film lui-même comme espace de mise en scène. Et, au-delà de l’iconographie religieuse, le film interroge la possibilité d’un jeu, au sens de non adéquation, de ce qui ne coïncide pas tout à fait, exercice de perte comme de liberté. S’affranchit-on des images et des gestes transmis ? La question restera en suspens, paradoxale, à l’instar de la fable cruelle de Daniil Harms qui traverse le film, celle d’un être dépouillé de son corps, ou la nécessité d’être débarrassé de ses attributs magiques, comme le suggère en clôture l’épilogue de Prospero emprunté à La Tempête de Shakespeare. (Nicolas Feodoroff)
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LE CNAP ET LE FID PARTENAIRES
Le Cnap a inauguré en 2015 un partenariat avec le FIDMarseille. Il se traduit par la dotation du Prix du Cnap, attribué à un réalisateur français ou étranger, dont l’objectif est de jouer un rôle incitatif dans le parcours artistique et professionnel du lauréat. Cette récompense s’inscrit dans la continuité des actions du Cnap qui accompagne chaque année une vingtaine de films engagés dans de nouvelles écritures et pratiques cinématographiques (aide aux maisons de production via le dispositif Image/mouvement).

Dernière mise à jour le 06 sept. 2017